Parachat Michpatim

Parachat Michpatim

   La Torah nous prévient de ne pas infliger la moindre peine à la veuve ou à l’orphelin « car si tu l’opprimes, (sache) qu’ils élèvent leur plainte vers Moi,(צעק יצעק= tsaôk yisàk) assurément J’entendrai leur plainte » (Chémot 22,22).

         De même, lorsqu’un homme se trouve en difficulté, et que personne ne lui vienne en aide, qu’il s’adresse à son Créateur et L’implore, 
« assurément Il entendra sa plainte ».

         La Halakha nous dit qu’au pauvre qui « frappe aux portes » on peut ne donner qu’une petite chose. Comme dit le Rambam (Maténot ‘Aniyim 7,7) « on ne peut renvoyer un pauvre les mains vides, mais si on lui donne ne serait-ce qu’une figue sèche, c’est suffisant ». Quelle est, à cet instant, la réflexion du riche, dont la générosité s’est limitée à une toute petite aide? « D’autres lui donneront?… Il s’arrangera?… de toutes façons il ne mourra pas de faim?… ». Même pour le plus avare des hommes qui le renverra les mains vides « Il ne mourra pas…Pourquoi vient-il chez moi?…Qu’il se débrouille chez les autres ». Mais s’il se trouvait que, pour ce pauvre, ce donateur soit l’unique et dernier recours, seul pourrait rester indiffèrent un homme cruel, voire un assassin.

         Le Rav Chimchon Pinkouss zatsal explique que lorsque l’homme se tourne vers son Créateur et s’adresse à Lui comme celui qui n’a, personne d’autre, à appeler au secours, Hachem lui répondra immédiatement. C’est un des termes employé par la Torah pour désigner la prière : « Nipoul » c’est-à-dire « tomber » devant Hachem, s’annuler complètement, et lui dire : « tout mon espoir est en Toi » car « j’ai bien compris que personne d’autre que Toi ne pourra me sauver ».

         C’est ce qui est dit à propos d’Esther qui « revint à la charge pour parler au roi, elle se jeta à ses pieds et, en pleurant, le supplia d’annuler le funeste dessein de Haman »
 (Esther 8,3). Comme nous l’expliquent nos sages le roi, c’est ici, en allusion, Le Roi du monde, Hakadach Baroukh Hou! C’est aussi la démarche de Honni Hamaaguél dans la Guémara (Taanit 9) qui trace un cercle autour de lui, et jure de ne pas en sortir tant que la pluie ne tombera pas. Il manifeste ainsi que Hachem est le Seul et l’unique recours et que de Lui seul viendra l’aide au peuple d’Israël.

         « Tsaôk Yitsàk » la répétition du terme marque l’insistance, pour dire que « la plainte » de la veuve ou de l’orphelin « s’élèvera » aussitôt et « jusqu’à Moi ». Parce qu’ils sont sans défense, qu’ils n’ont que Moi. Il suffira qu’ils crient « Tsaôk Yitsàk » (double cri) et l’Eternel dit « assurément j’entendrai cette plainte ».

         A l’exemple du roi David qui écrit (Téhilim 27,10) « car père et mère m’ont laissé là, mais l’Eternel me recueillera » il nous faut apprendre comment s’adresser à l’Eternel, « tel l’orphelin qui n’a personne au monde, vers Toi je me tourne mon D… » et assurément Il « entendra » mes prières et « l’Eternel me recueillera ». Amen!

 

Chabbat Chalom

 

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