Parachat  MIKETS – HANOUCA 

Parachat  MIKETS 

La Torah nous rapporte en détail les deux rêves du Pharaon, tout d’abord lorsqu’elle les décrit, ensuite quand il les raconte à Yossef, enfin lors de leur interprétation, qui sera particulièrement détaillée.

Le Alchikh Hakadoch s’interroge sur l’intérêt de ces répétitions. Pourquoi la Torah s’attarde-t-elle sur tous ces détails ? Elle aurait pu simplement nous dire que Yossef a bien interprété les rêves du Pharaon, annonçant sept années d’abondance, suivies de famines, puis qu’il aura été nommé Vice-roi d’Egypte pour gérer la situation, et qu’arrivée la période de  famine, ses frères sont venus se fournir en Egypte, le seul pays disposant de réserves de grain.

On notera aussi que si les « sept vaches belles et grasses (qui) sortaient du fleuve », et les « sept épis, pleins et beaux (qui) s’élevaient sur une seule tige » (Béréchit XLI, 5),  font allusion aux années d’abondance, Yossef ne nous explique pas à quoi font allusion le fleuve et la tige ?

Le Alchikh rapporte le Zohar (Vayéchev page 184) qui dit que lorsque D… décida d’exiler les enfants d’Israël, la Chékhina, (la présence divine) les précéda, arrivant en même temps que Yossef en Egypte. Pour quelle raison ? Le Alchikh répond que l’Egypte, était à l’époque, la source de l’impureté et de l’immoralité, et l’exil, en sa proximité, présentait un grave danger spirituel. D’ailleurs au moment de leur sortie d’Egypte, les enfants d’Israël approchaient du cinquantième degré d’impureté, au seuil duquel, ils n’auraient plus mérité d’en sortir. C’est donc pour les protéger que D… les devance.

Surtout Il veillera sur eux, pendant les deux cent dix ans d’exil, pour éviter qu’ils ne soient nourris par « l’ange » (protecteur) de l’Egypte (au travers duquel l’Eternel faisait vivre les égyptiens) car ils auraient aussi subi son influence perverse, qui les aurait détournés des voies de l’Eternel. C’est pourquoi D… fit que les sept années d’abondance se déroulent sous l’autorité de Yossef, qui s’occupera de collecter le cinquième de toute la récolte, de stocker le grain dans les greniers du roi et d’en assurer ensuite, par lui-même, la distribution. Les détails des rêves sont donc importants pour bien mettre en lumière le rôle de Yossef, qui en aura donné les explications précises, et sa main mise dans leur application.

Le Pharaon ne demandait que l’interprétation de ses rêves, Yossef, de son propre chef, ajouta des conseils, parce qu’il avait compris qu’il devait jouer un rôle particulier en Egypte, et que des « sept épis, pleins et beaux, (qui) s’élevaient sur une seule tige », cette tige, « kané é’had », c’était lui ; kané a la même valeur numérique que celle de son prénom, Yossef. La tige unique ; « é’had », un, fait allusion à Hachem é’had, l’Eternel est UN, c’est Lui qui envoie l’abondance, au travers de la tige, Yossef, son envoyé.

De même pour le fleuve ; « sept vaches belles et grasses (qui) sortaient du fleuve », le « yéor », ce fleuve nourricier qui irrigue tous les champs de l’Egypte fait également allusion à Yossef, qui sera celui qui fera vivre l’Egypte. Il dira d’ailleurs à son père : « viens auprès de moi … je te fournirai des vivres » (Béréchit XLV, 9-11). Il tient aussi à  le rassurer : ce n’est pas sous l’influence du mentor céleste de l’Egypte que Yaacov résidera en terre de Goshen. C’est aussi pour cela qu’il demande à ses frères de faire part à son père des honneurs qu’il reçoit et de sa place à la tête de l’Egypte, justifiant ainsi sa capacité à être le canal par lequel sa famille subsistera, selon la demande même de Yaakov : « si le Seigneur est avec moi … et qu’Il me donne du pain à manger » (Béréchit XXVIII, 20), Lui, de Sa main.

Yossef obligea les égyptiens à se faire circoncire (Béréchit rabba 90), avant de leur permettre de s’approvisionner, et ce afin d’affaiblir l’influence néfaste de « l’Ange de l’Egypte » et de permettre aux Bné Israël de le surmonter, et de rester éloignés des mœurs dépravées égyptiennes.

C’est que cet exil devait préparer les enfants d’Israël au don de la Torah, en les purifiant de la faute originelle du premier homme. La Chekhina qui les devança, s’était établie, vingt-deux ans avant l’arrivée de Yaacov avec sa famille : une allusion aux vingt-deux lettres de l’alphabet, ces lettres de la Torah, que va recevoir à sa  libération le peuple d’Israël.

Hanoucah

 

        A l’époque du second Temple, les grecs avaient interdit toute forme de culte juif : pratiques religieuses et Etude de la Torah. Ils avaient aussi rendu impures toutes les huiles qui servaient à allumer la Ménorah. Pour eux, les notions de pureté et d’impureté, invisibles à l’œil nu, étaient inexistantes. C’est pourquoi, dans cette guerre spirituelle contre la Torah, ils s’obstinèrent à rendre impures toutes les huiles du Temple.

Lorsque les ‘Hashmonaïm vainquirent les grecs, ils ne trouvèrent dans le Temple qu’une seule fiole d’huile pure, de quoi allumer le candélabre un seul jour. Un miracle se produisit et elle brûla huit jours. Sept jours, le temps pour se purifier par les cendres de la vache rousse de  l’impureté contractée au contact des morts, et le huitième jour, le temps nécessaire pour fabriquer de l’huile pure. En souvenir de ce miracle, nous allumons chaque année des lumières, pour la fête de ‘Hanoucah, et ce chaque jour pendant huit jours

Certes, dans le cas où tout le peuple d’Israël est impur il est permis d’allumer en état d’impureté et de reprendre le service du Temple. Mais les enfants d’Israël tenaient à tout faire de la manière la plus stricte face aux grecs. C’est pour cela explique le Beth Halévi que l’on trouve à ‘Hanoucah une particularité unique : à la mitsva « simple », de base, d’allumer une lumière par jour et par maison, s’ajoute le fameux « Méhadrin min Haméhadrin », allumer chaque jour une lumière de plus que la veille pour arriver au chiffre de huit le dernier jour, affirmant notre volonté de faire plus que la simple Halakha, à l’exemple de nos ancêtres qui recherchèrent uniquement de l’huile pure.

Les commentateurs rapportent que la Ménorah représente la Torah Orale, alors que le Aron Hakodech représente la Torah Ecrite. Le Aron fut caché peu avant la destruction du premier Temple, seule la Ménorah était présente au deuxième Temple. On remarquera que la Torah Orale fut mise par écrit à cette époque et que son étude prit une ampleur particulière.

Le rav Moché Chapira, zatsal, fait remarquer que dans la michnat Avot, le premier mentionné sous la forme de « il avait l’habitude de dire » c’est Chimon Hatsadik, un des derniers membres de la grande Assemblée. Jusque là c’est la Torah qui parle, ou D… à travers les prophètes, on ne trouve pas d’enseignement au nom d’un Rav. A partir de Chimon Hatsadik c’est le développement de la Torah Orale et les enseignements seront rapportés au nom des Hakhamim.

Chimon Hatsadik était le contemporain d’Alexandre le grand, roi de Macédoine, roi des grecs. Lorsque se développe leur culture, la prophétie, qui ne trouve plus sa place dans ce monde disparaît, car pour les grecs la prophétie est impensable, inconcevable que l’homme puisse recevoir un message du Ciel. Dans la Beraïta (seder Olam rabba ch 30) il est dit : « L’année où Alexandre fut nommé roi, Malakhie le dernier des prophètes est décédé. A partir de ce jour, écoute les paroles des Hakhamim. » Ces paroles se rapportent la Torah Orale qui jusque-là était étudiée  sous une autre forme.   

Les grecs avaient imposé aux juifs d’inscrire sur la corne du taureau : « Nous n’avons pas de part au D… d’Israël. » La corne du taureau, explique le rav Moché Chapira, zatsal, servait de biberon à l’époque, permettant à l’enfant de boire lentement et par petite quantité. L’intention des grecs était évidente : attaquer le peuple d’Israël dès la naissance.   

Mais les enfants d’Israël sont restés fidèles à leur D… parfois au péril de leur vie, et ont résisté, refusant la vision helléniste du monde. Le miracle de l’huile les aura confortés dans l’idée que la Providence Divine est présente et intervient dans la conduite du monde ! Les jours de ‘Hanoucah sont des jours de lumière pour le peuple d’Israël et un moment de renforcement pour l’étude de la Torah Orale en particulier.

Chabbat Chalom et ‘Hanouka Saméa’h